jeudi 1 juillet 2010

lundi 21 juin 2010

Lumières Aurevilliennes - Présentation

Le Cotentin de Barbey d'Aurevilly est une terre de contrastes qui s'anime au gré des caprices d'une nature romantique imprègnant jusqu'aux comportements humains tant les personnages qui hantent les pages de ses romans et nouvelles semblent être façonnés, sculptés et habités par leur environnement omniprésent.

Le style remarquable et imagé de Barbey d'Aurevilly traverse toutes les nuances du noir et du blanc, balafrant la lumière de hachures puissantes pour l'aider à se révéler à la manière des illustrateurs et graveurs du 19ème siècle.
Un univers entre chien et loup, toujours à la frontière du bien et du mal et qui n'est pas sans rappeler Edgar Allan Poe. A l'instar de Baudelaire qui a si bien su traduire Poe, Barbey d'Aurevilly avait cette capacité, lui aussi, de discerner, même dans le plus coloré des jardins sous l'éclatant soleil de juillet, la zone d'ombre où poussent les "fleurs du mal"...

C’est peut-être par amour de l'indicible, entre ombre et lumière, là où l'on ne sait plus très bien de quel côté du miroir nous nous trouvons, que j'ai toujours apprécié la littérature romantique et ses élans fantastiques. Et ce n'est sans doute pas un hasard si mes travaux ont été imprégnés par les gravures et eaux fortes qui illustraient les pages de ces romans. Dessinateur d'abord et aujourd'hui photographe, je suis resté attaché à ces ambiances et bien sûr au noir et blanc, un noir et blanc narratif, presque littéraire qui seul peut dire et raconter ce qui se passe au delà du réel, à la frontière des rêves.

En temps qu'auteur j'ai toujours été heureux lorsque, regardant mes photographies, les visiteurs de mes expositions faisaient référence à Barbey d'Aurevilly. Des témoignages sensibles qui touchaient juste, car il est bien évident qu'au delà de toute considération technique, c'est bien dans cette littérature ouverte sur l'imaginaire et l'émotion que mon travail photographique en noir et blanc prend sa source.

A l'occasion de cette exposition j'ai revisité certains lieux aurevilliens, un hommage au Cotentin que je ne me lasse pas de photographier, bien sûr, mais aussi et surtout un hommage à cet écrivain à la personnalité complexe et contrastée comme le noir et blanc que j'affectionne, lui qui à su transcender la part d'ombre de notre univers visible en l'éclairant de ses "Lumières Aurevilliennes".

Bruno Mercier - juin 2010

mardi 26 janvier 2010

Exposition AD Gallery (Switzerland)


"EPHEMERAL"

Du 3 février au 20 mars 2010.

Galerie AD - Genolier (Switzerland)

Vernissage le 30 janvier à partir de 17h30

"EPHEMERAL"

"Ephemeral parle bien évidemment des "traces" que laisse l'Homme à travers ses constructions sublimes et dérisoires. Car si l'Homme est le plus souvent absent visuellement de mes images, c'est bien évidemment lui que je place au centre du cercle.
De tous temps l'homme a su observer la nature et distinguer l'utile du préjudiciable.

De tous temps l'être humain a su apprivoiser son environnement.
Ainsi, l'homme a façonné des outils, appris à les utiliser pour se nourrir, protéger, conquérir, montrer sa bravoure ou sa puissance, il s'est fait bâtisseur pour se loger, se prémunir des éléments, réchauffer sa famille ou encore abriter sa foi, dialoguer avec les dieux. Il a voulu tendre des grappins contre le ciel obscur en quête d'une impossible étoile.
De tous temps l'homme a appris a connaître ses limites, lui, un être fini et mortel inscrit dans un univers infini en constante évolution. Ephémère par essence, il a désiré tutoyer l'éternité, s'affranchir de ses limites et à l'instar d'un dieu créateur a voulu construire, créer, imaginer. Il a façonné l'univers visible à son image, mieux encore il a souhaité que ses créations lui survivent et traversent les générations.

Ephemeral... Car souvent ne subsistent que des traces.
Traces de notre orgueil qui transcendent notre simple condition humaine, humbles traces d'activités ou terribles cicatrices de combats ou de catastrophes, ou encore traces magnifiques et chefs d'oeuvres architecturaux, poésie de pierres et dentelle de rêves vouées à disparaître un jour aussi mais qu'inlassablement l'homme rebâtit et conserve.

Ephemeral parce que si l'homme avait eu l'éternité pour faire, sans doute n'aurait-il rien fait.


Ephemeral enfin, parce que la vie humaine est éphémère comme le sont ces châteaux de sable, de pierre ou de rêve que l'homme édifie et qui nous ressemblent tant."

mercredi 13 janvier 2010