samedi 24 octobre 2009

Leviathan - Texte introduisant la série

Leviathan
« The State of Fear »


Il y a des séries qui naissent d’une émotion, d’une lumière qui dessine et découpe l’espace, d’une vibration dans l’air, de la magie d’un instant et puis, il y a des rencontres.

La série Léviathan est née comme ça.
Une rencontre, un échange avec un visiteur de ma Galerie un soir de septembre 2009*, avec une de mes photos comme point de départ. « Vous savez que vous avez représenté le Léviathan !? »…
S’en suivra une longue discussion sur l’imagerie liée à ce monstre marin évoqué dans la Bible et qui donna son nom au traité philosophique de Thomas Hobbes au XVIIe siècle.

Le Léviathan…
Un monstre colossal, tout à la fois dragon, serpent ou crocodile, sans forme clairement décrite mais toujours évocateur de cataclysme, d’un chaos sous tendu à même d’anéantir le monde.

De fait, si l’Homme aime se faire peur. Il aime tout autant juguler ses peurs. Fermer, et quel qu'en soit le prix, la porte du placard où le monstre guette, tapis dans l’ombre…

Il y a la peur du noir, la peur de l’indicible chère à la littérature, de Poe à Lovecraft en passant par King, la peur cinématographique et ses litres d’hémoglobine, et toutes nos peurs modernes, de la grippe H1N1, en passant par le réchauffement climatique, la banlieue, le terrorisme, la crise économique, la peur de l’autre... Toutes ces peurs du quotidien que les pouvoirs économiques, politiques et médiatiques nous communiquent, amplifient et contre lesquelles on est prêt, de notre propre gré, à sacrifier beaucoup pour retrouver l'illusion d'un paradis perdu…
Par peur du monstre on est tout disposé à accoucher d’un… monstre…

Alors, à travers cette série, j’ai voulu partir à mon tour en quête du Léviathan.
Au moins l’apercevoir… Comprendre peut être….
Je l’ai vu.
Je l’ai suivi sur nos côtes à la tombée du jour, j’ai pu saisir ses multiples aspects, découvrir ses compagnons aux répugnantes carapaces qui accompagnent sa sortie de l’eau, j’ai pénétré à sa suite dans son univers étrange, irréel et fantomatique où naissent les rêves et les cauchemars…
Et maintenant, je sais…

Lorsqu’on veut voir le Monstre, on le découvre toujours, car il a toujours été là… de toute éternité... dans la forêt trop sombre, dans le placard entrouvert, dans les remous de l’eau… et jusque dans notre miroir…


* Merci à MB, pour avoir su voir le Léviathan et m’avoir « soufflé » cette quête qui m’a emmené plus loin que je ne l’aurais imaginé.

Bruno Mercier – octobre 2009

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